ClickFunnels te vend une promesse simple.
Sa page d'accueil l'affirme dès le titre : « You're one funnel away from changing the world. » Tout le produit est bâti autour de cette idée : les tunnels n'y sont pas une fonctionnalité parmi d'autres, c'est la mentalité qui organise le parcours complet, de l'attraction du visiteur jusqu'à la fidélisation.
Un seul mot, un seul entonnoir, et ton business entier est censé rentrer dedans.
Sauf qu'au moment où tu veux partir, cette promesse se fissure. Le guide officiel que ClickFunnels fournit lui-même pour quitter la plateforme ne parle pas d'un tunnel à déplacer.
Il en liste sept : tes formations, tes produits, tes intégrations de paiement, tes tunnels de vente, tes tunnels de boutique, ton email marketing, tes contacts. Sept blocs, listés un par un, chacun avec sa propre procédure de sortie.
Ce n'est pas une contradiction cachée quelque part dans les petites lignes. C'est la vérité opérationnelle qui remonte à la surface dès que tu dois vraiment démonter la maison plutôt que la visiter.
Ce que tu appelais « mon tunnel » n'a jamais été une seule chose. C'était sept systèmes qui portaient le même nom sur la même facture.
Le mythe du tunnel unique
La philosophie ClickFunnels fonctionne très bien pour vendre l'outil : elle réduit tout à une image mentale, le tunnel. C'est un bon argument marketing.
Mais un business n'est jamais une seule mentalité — c'est un enchaînement de systèmes qui doivent tenir ensemble : ce qui capte l'attention, ce qui vend, ce qui livre le contenu, ce qui relance par email, ce qui encaisse le paiement.
C'est exactement ce que porte la contre-doxa « specialize on systems, not on tools » : un client ne paie jamais pour un outil, il paie pour un résultat business — un lead qualifié, une vente conclue, un paiement encaissé.
L'outil est le moyen. Le résultat est ce qui compte. Se spécialiser sur le système que tu vends plutôt que sur l'outil qui l'exécute évite une dépendance précise : celle à la roadmap, au pricing et à la santé d'un seul éditeur logiciel.
C'est cette dépendance que le guide de migration ClickFunnels met en pleine lumière, sans le vouloir. Sept blocs distincts, chacun avec ses propres réglages, ses propres exports, ses propres reconnexions.
Le tunnel n'a jamais été une seule pièce. C'était sept pièces qui tenaient ensemble parce qu'elles vivaient sous le même toit — et qui, séparées, révèlent leur vraie nature.
Les sept blocs que ClickFunnels appelle un tunnel
Avant de migrer quoi que ce soit, regarde ce que le guide officiel te demande réellement de traiter. Ce n'est pas un simple export-import : chaque bloc a sa propre mécanique, et mieux vaut la connaître avant de t'y mettre plutôt qu'en découvrir les pièges en cours de route.
| Bloc | Ce qui bouge | Comment |
|---|---|---|
| Formations | Modules, leçons, quiz, fichiers téléchargeables | Listées, puis recréées dans CrocoClick — pas de transfert automatique |
| Produits | Catalogue, prix | Export CSV depuis ClickFunnels, import CSV dans Paiements > Produits |
| Intégrations de paiement | Stripe, PayPal, Klarna… | Passerelles reconnectées une par une, autorisation refaite |
| Sites & tunnels de vente | Pages, structure, tracking, CSS | Chaque page relistée (URL, contenu, formulaires) puis recréée |
| Tunnels de boutique | Produits e-commerce, upsells/downsells | Détails recensés puis recréés, achat test obligatoire |
| Email marketing | Workflows, diffusions, déclencheurs | Recréés avec les automatisations CrocoClick |
| Contacts | Email, tags, attributs personnalisés | Export CSV puis import en masse |
Remarque le verbe qui revient à chaque ligne : recréer, reconnecter, relister. Ce n'est pas un transfert natif de compte à compte, comme ça peut être le cas entre deux comptes d'une même plateforme.
C'est une reconstruction guidée, bloc par bloc, avec une checklist qui t'évite d'oublier une pièce en route. Cette rigueur n'est pas un défaut du processus. C'est ce qui te protège de perdre un produit, un tag ou une automatisation en chemin.
Le prix caché de rester sur un compte qui plafonne
Il y a une seconde raison de lire ce guide de migration avant même d'en avoir besoin : comprendre ce que ton forfait actuel te coûte à mesure que tu grandis.
Les paliers ClickFunnels sont construits autour de plafonds. Le forfait Launch, à 97 $/mois, plafonne à 10 000 contacts, 3 formations et 2 membres d'équipe. Le palier Scale, à 197 $/mois, monte à 75 000 contacts et 6 formations.
Optimize, à 297 $/mois, autorise 150 000 contacts et 10 formations. Le forfait Dominate, facturé 5 997 $/an, plafonne à 400 000 contacts et 20 formations.
Ce n'est ni un piège ni une anomalie : c'est un modèle de tarification par paliers, courant dans le logiciel en ligne. Mais ça veut dire une chose concrète pour toi.
Ta facture n'augmente pas seulement parce que tu vends plus — elle augmente parce que ta base de contacts et ton catalogue de formations grandissent, deux métriques que tu ne contrôles pas indépendamment de ton propre succès.
Le jour où ton troisième programme dépasse le plafond du palier Launch, tu ne choisis plus de monter de forfait : tu y es obligé, souvent au milieu d'un lancement, pas au moment qui t'arrange.
C'est ce plafond, plus que la mécanique de migration elle-même, qui pousse beaucoup d'intégrateurs et de formateurs à regarder ailleurs. Pas parce que l'outil serait mauvais dans l'absolu, mais parce que le prix de rester grimpe exactement au rythme de leur propre croissance.
Un exemple concret : trois formations, un plafond, une décision
Prends Lina, formatrice en reconversion professionnelle. Elle vend trois programmes sur ClickFunnels : un cours d'introduction gratuit, une formation certifiante à 690 €, et un coaching de groupe proposé en upsell après achat.
Sur son tunnel de vente, elle a ajouté un bump order — un guide PDF à 17 € proposé sur la page de commande — et un upsell one-click derrière, pour le coaching.
Elle est sur le forfait Launch : 3 formations, exactement sa limite. Sa base de contacts approche les 9 000, à quelques centaines du plafond des 10 000. Le jour où elle veut lancer un quatrième programme, elle n'a plus le choix : elle doit monter de palier, que ce quatrième programme cartonne ou non.
En suivant le guide de migration bloc par bloc, elle liste d'abord ses trois formations et leurs modules, exporte son catalogue de produits en CSV, reconnecte Stripe, relève l'URL et le contenu de chaque page de son tunnel, puis exporte ses contacts avec leurs tags.
Chaque bloc coché est une pièce en moins à retenir de mémoire. Rien n'est laissé au hasard, parce que rien n'est automatique — c'est précisément ce que dit le guide.
Une fois arrivée côté CrocoClick, son bump order et son upsell one-click ne sont pas des concepts à réinventer. Ce sont deux mécaniques natives, avec la même logique : une offre sur la page de commande avant l'achat, une autre après, sans ressaisie de paiement.
Elle ne perd pas la plomberie qui faisait tourner son offre. Elle la reconstruit, bloc par bloc, sur un compte qui ne plafonnera pas son quatrième programme au même endroit.
Ce que tu retrouves de l'autre côté, pas en moins bien
Le doute le plus courant, à ce stade, n'est pas technique : c'est de se demander si ce qu'on reconstruit sera aussi bon. Bloc par bloc, la réponse tient au périmètre exact de ce qui est migré.
Le Bump Order — l'offre complémentaire proposée sur la page de commande, avant que l'achat soit finalisé — existe nativement sur CrocoClick, avec la même logique de clic unique.
Le One-Click Upsell — l'offre proposée juste après l'achat, sans que le client ait à ressaisir sa carte — existe aussi nativement, et fonctionne avec les produits standards comme avec ceux qui ont déjà un bump.
Ce ne sont pas deux fonctionnalités à recoder depuis zéro : ce sont deux mécaniques déjà prévues, prêtes à recevoir ce que tu listes dans ton export.
Même logique côté pages : le constructeur de CrocoClick découpe chaque page en sections, lignes et colonnes, avec un éditeur en glisser-déposer — la même grammaire visuelle que celle que tu utilisais pour construire tes tunnels. Tu ne réapprends pas à construire une page. Tu réapprends où sont les boutons.
Ce que le guide de migration révèle, en creux, c'est qu'un tunnel de vente n'a jamais été le business tout entier. C'était une des sept pièces.
Le système, lui, c'est l'ensemble : formations, produits, paiements, pages, boutique, email, contacts, qui tiennent ensemble sous un même toit plutôt que sept sous-comptes qui se parlent par API interposée.
Ce que ça change
Migrer depuis ClickFunnels n'est pas un transfert en un clic — sois honnête avec toi-même là-dessus avant de commencer. C'est une reconstruction guidée, bloc par bloc, avec une checklist qui existe précisément pour que tu n'en oublies aucun.
Mais cette reconstruction a un mérite qu'un transfert automatique n'aurait pas : elle te force à voir, une bonne fois, que ton compte n'a jamais été un seul tunnel.
C'était sept systèmes qui portaient ce nom sur la même facture — et qui, une fois migrés, peuvent enfin tenir ensemble sous un même compte, sans plafond qui tombe au mauvais moment de ton prochain lancement.
Le tunnel, ce n'était que la façade. Le système, c'est ce que tu reconstruis maintenant.
Pour suivre le guide de migration bloc par bloc — formations, produits, paiements, tunnels, boutique, email, contacts — la procédure complète est ici.



